En France métropolitaine, les véhicules de transport de marchandises de plus de 7,5 tonnes de PTAC ne peuvent généralement pas circuler du samedi 22 h au dimanche 22 h, ni de 22 h la veille d’un jour férié à 22 h le jour férié. Des interdictions supplémentaires s’appliquent certains samedis d’hiver et d’été. Il existe des dérogations, mais elles dépendent du chargement, du trajet et des justificatifs disponibles à bord.
Quels poids lourds sont concernés ?
La règle vise les véhicules et ensembles de véhicules de plus de 7,5 tonnes de poids total autorisé en charge affectés au transport routier de marchandises. Elle concerne donc aussi bien un porteur qu’un tracteur avec semi-remorque lorsque l’ensemble entre dans ce champ.
Les véhicules spécialisés non affectés au transport de marchandises, ainsi que les véhicules et matériels agricoles définis par la réglementation, ne relèvent pas de cette interdiction nationale. Attention toutefois aux arrêtés locaux, aux limitations de tonnage, aux tunnels, aux restrictions météo et aux règles propres aux transports exceptionnels ou aux matières dangereuses.
Le transport pour compte propre n’est pas automatiquement dispensé. Une entreprise qui déplace ses propres marchandises doit vérifier la nature réelle de l’opération et les documents nécessaires. Notre dossier sur le transport pour compte propre aide à distinguer les situations.
Le calendrier général des interdictions en 2026
La règle hebdomadaire reste la même toute l’année : interdiction du samedi à 22 h jusqu’au dimanche à 22 h. Pour un jour férié, elle commence à 22 h la veille et se termine à 22 h le jour concerné. Lorsque le jour férié touche un week-end, les plages peuvent s’enchaîner sans interruption.
| Jour férié 2026 | Période nationale d’interdiction |
|---|---|
| Jeudi 1er janvier | Mercredi 31 décembre 2025 à 22 h au jeudi 1er janvier à 22 h |
| Lundi 6 avril | Samedi 4 avril à 22 h au lundi 6 avril à 22 h, sans coupure |
| Vendredi 1er mai | Jeudi 30 avril à 22 h au vendredi 1er mai à 22 h |
| Vendredi 8 mai | Jeudi 7 mai à 22 h au vendredi 8 mai à 22 h |
| Jeudi 14 mai | Mercredi 13 mai à 22 h au jeudi 14 mai à 22 h |
| Lundi 25 mai | Samedi 23 mai à 22 h au lundi 25 mai à 22 h, sans coupure |
| Mardi 14 juillet | Lundi 13 juillet à 22 h au mardi 14 juillet à 22 h |
| Samedi 15 août | Vendredi 14 août à 22 h au dimanche 16 août à 22 h, sans coupure |
| Dimanche 1er novembre | Samedi 31 octobre à 22 h au dimanche 1er novembre à 22 h |
| Mercredi 11 novembre | Mardi 10 novembre à 22 h au mercredi 11 novembre à 22 h |
| Vendredi 25 décembre | Jeudi 24 décembre à 22 h au vendredi 25 décembre à 22 h |
Pour préparer un planning, il faut croiser ces créneaux avec les temps de conduite, les pauses et le repos du conducteur. Une réouverture de la circulation à 22 h ne signifie pas que le chauffeur peut repartir si son amplitude ou son repos ne le permet pas. Voir nos exemples de planning pour poids lourds.
Les samedis supplémentaires interdits en 2026
Interdictions estivales dans toute la France
En 2026, la circulation est interdite de 7 h à 19 h sur l’ensemble du réseau routier métropolitain les samedis 11, 18 et 25 juillet, puis les 1er et 8 août. Ces horaires remplacent le créneau normal du samedi concerné : la circulation est autorisée de minuit à 7 h, puis de 19 h à minuit, sous réserve d’une autre restriction locale.
Interdictions hivernales en Auvergne-Rhône-Alpes
Sur les axes alpins désignés par l’arrêté annuel, les interdictions ont été fixées de 7 h à 18 h les samedis 7, 14, 21 et 28 février ainsi que le 7 mars 2026. La circulation reste autorisée de minuit à 7 h et de 18 h à 22 h, puis l’interdiction générale reprend de 22 h à minuit.
La liste des routes ne se résume pas à « toute la région ». Elle vise des sections précises, notamment sur les liaisons vers les Alpes. Le bon réflexe consiste à contrôler l’itinéraire dans l’information officielle de Bison Futé avant le départ.
Le cas particulier de l’Île-de-France
Des créneaux supplémentaires concernent certaines sections des A6A, A6B, A106, A6, A10, A13 et A12. Dans le sens Paris-province, la circulation est notamment interdite le vendredi de 16 h à 21 h, la veille d’un jour férié de 16 h à 22 h, le samedi de 10 h à 18 h, puis le dimanche ou jour férié de 22 h à minuit.
Dans le sens province-Paris, l’interdiction s’applique le dimanche ou jour férié de 22 h à minuit, ainsi que le lundi ou lendemain de jour férié de 6 h à 10 h. Point important : les dérogations permanentes prévues pour le régime général ne s’appliquent pas à ces sections franciliennes.
Quelles dérogations permettent de circuler ?
Les transports dispensés sans autorisation individuelle
Certains transports bénéficient d’une dérogation permanente. La liste comprend notamment les animaux vivants, les denrées et produits périssables, certains produits agricoles entre le lieu de récolte et leur stockage ou transformation, la presse, le fret aérien sous lettre de transport aérien, certaines marchandises médicales, ainsi que des véhicules indispensables à des opérations urgentes sur des réseaux publics.
Ce n’est pas un passe-droit attaché au camion ou à l’entreprise. Le transport doit respecter les conditions de la catégorie invoquée. Pour les denrées périssables, le chargement doit en principe occuper au moins la moitié de la surface ou du volume utile, sauf cas particuliers prévus par le texte. Le conducteur doit pouvoir prouver la nature du transport lors d’un contrôle.
Après le dernier déchargement, un retour à vide peut être autorisé dans la région où il a eu lieu et dans les régions limitrophes. Là encore, il faut conserver les pièces permettant de reconstituer l’opération.
Les dérogations préfectorales temporaires
Le préfet peut lever temporairement une interdiction pour répondre à une crise, une catastrophe naturelle, un événement climatique exceptionnel, un accident grave ou un risque pour les personnes, les biens ou l’environnement.
Une entreprise peut aussi demander une dérogation individuelle pour un transport indispensable : approvisionnement menacé par une pénurie imprévue, fonctionnement continu d’un site, besoin urgent après une panne, service public, livraison d’aliments pour animaux ou linge de grands établissements hôteliers. La demande doit normalement être déposée au moins 72 heures avant le premier trajet, sauf urgence justifiée.
Quels documents garder à bord ?
Une dérogation permanente ne dispense pas de preuve. Le conducteur doit avoir des documents cohérents avec le chargement et le trajet : lettre de voiture, bon de livraison, ordre de transport, justificatif de la nature périssable ou médicale des marchandises et, si nécessaire, autorisation préfectorale complétée avec la date et l’immatriculation.
Une lettre de voiture correctement renseignée ne crée pas la dérogation, mais elle aide à démontrer l’origine, la destination, la marchandise et les acteurs de l’opération. Une simple mention « urgent » ou « denrées » sans pièces concordantes reste fragile en cas de contrôle.
La vérification à faire avant chaque départ
- Contrôler le PTAC du véhicule ou de l’ensemble et la nature exacte du transport.
- Reporter les créneaux nationaux, les jours fériés et les interdictions annuelles sur le planning.
- Vérifier les restrictions d’Île-de-France, les arrêtés préfectoraux, la météo et les interdictions locales sur l’itinéraire.
- Confirmer que la dérogation invoquée couvre bien le chargement, le trajet et l’horaire.
- Mettre à bord ou rendre immédiatement accessibles les justificatifs et l’éventuelle décision préfectorale.
- Recalculer les temps de conduite et de repos avant de déplacer l’heure de départ.
Le calendrier national donne le cadre, pas une autorisation automatique de rouler. Entre un chargement partiellement périssable, une traversée de l’Île-de-France et un arrêté météo pris le jour même, le détail du trajet peut changer la réponse. Quand un point reste ambigu, mieux vaut confirmer auprès de la préfecture de départ avant d’engager le véhicule.